La lapidation des femmes : un acte barbare et inhumain

15 juil. 2010 nassira Belloula

l'iranienne Hajiyeh Esmaelvand, - libre de droit
l'iranienne Hajiyeh Esmaelvand, - libre de droit
A l'aube du 21e siècle, les massacres à l'encontre des femmes se perpétuent. La lapidation est la forme la plus barbare de ces violences.

Il y a un demi-siècle, au sortir d’une guerre des plus meurtrières de notre ère, une déclaration universelle des droits de l’Homme a été signée puis ratifiée par des centaines de nations. Or, notre monde ne veut pas entrer de plain-pied dans l’ère de la civilisation. Les violations des droits de l’Homme se multiplient.

Certains Etats ont des lois archaïques et barbares. Ils n’hésitent pas à recourir à des moyens inhumains pour exécuter des condamnés à mort, souvent sur de simples allégations. C'est le cas de l'Iranienne Sakineh, qui risque la lapidation pour adultère, alors que ses enfants se battent pour prouver son innocence. La lapidation reste un acte barbare, tout comme la pendaison, la décapitation, la chaise électrique...

Les femmes, premières victimes des adeptes de la charia islamique

Les violences faites aux femmes engendrent des souffrances, des humiliations et des traumatismes. Dans les pays occidentaux, les femmes violentées peuvent se défendre. Elles ont des droits et sont protégées par des lois. La violence, ici, est un acte « individuel »: souvent c’est le mari, le père ou le petit-ami qui est mis en cause.

Dans les pays en proie à des conflits armés ainsi que dans les pays qui ont instauré la charia islamique, la violence à l’égard des femmes devient commanditée. Les femmes sont alors la cible d’imams, de religieux et de tribunaux islamiques.

Lorsque le Niger instaura la charia islamique en 2000, les premières à en pâtir furent les femmes. Citons ici le cas de Safiya qui a été condamnée à mort par lapidation pour adultère, alors qu’elle était divorcée. Safiya a pu échapper à une mort atroce grâce à une forte mobilisation internationale. Ce n’est pas le cas d’autres femmes qui attendent dans leurs cellules le même châtiment.

Qu'en est-il vraiment de la lapidation en islam ?

La lapidation a été citée dans l'Ancien Testament et dans le Talmud comme la peine requise en cas d'adultère. Mais elle est rejetée par le Nouveau Testament. Le Christ est le premier à avoir contesté cette pratique. Lorsque les membres du Sanhédrin (les juges et juristes juifs) lui présentent une femme adultère en lui disent que, selon la Loi de Moïse, elle doit être lapidée, il leur répond: « Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre ». Et, « ils se retirèrent à commencer par les plus âgés » (Jean 8: 7,2).

Le Coran ne mentionne pas la lapidation comme peine, ni en cas d'adultère, ni pour quelque autre crime. Dans la sourate (Les femmes 4, Verset 15), Il est dit qu'une femme convaincue d'adultère doit être « enfermée jusqu'à sa mort, à moins que Dieu ne lui offre un moyen de salut ». Cette recommandation de l'enfermement a été abrogée par un verset de la sourate de la lumière qui recommande de châtier les adultères par le fouet. « La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet » (24:2). Lorsqu'il a reçu ce verset, le Prophète a dit: « Voilà l'issue offerte par Dieu aux femmes adultères dans la Sourate plus ancienne ».

De la lapidation, il n'est question qu'à partir du deuxième calife, Omar Ben Elkattab. Celui-ci la réinstaure en faisant allusion à « un verset sur la lapidation », disparu aujourd'hui, ce qui est contraire aux croyances musulmanes qui affirment que le Coran n’a subi aucune altération. Omar Ben Elkattab a dit (selon les imams Bukhari et Muslim) que "le Messager d'Allah a lapidé et nous avons lapidé après lui. Je crains que si le temps passe, certains disent: Par Allah, nous ne trouvons pas le verset sur la lapidation dans le Livre d'Allah. Ils vont s'égarer pour avoir délaissé une obligation révélée par Allah. La lapidation est, dans le Livre d'Allah, la sanction légale infligée à la personne mariée qui fornique, qu'elle soit un homme ou une femme.

Ainsi, le fondement juridique de la lapidation n’est pas dans le Coran. Mais dans le discours d’un successeur de Mahomet. Il y a encore de nombreuses autres références où la peine de la lapidation est d'application.

Femmes otages des croyances

La religion par la force des choses, est condamnée à être ce que les hommes font d’elle. En Islam, l’exemple de la lapidation est le plus édifiant. Or, la lapidation est un meurtre barbare que rien ne peut justifier. Tuer à coups de pierres une femme ou un homme n’est plus ni moins qu’un assassinat. A ce sujet Le code pénal iranien chiite précise que les pierres ne doivent être ni trop petites (et donc peu offensives) ni trop grosses afin de ne pas abréger le supplice de la victime.

Pour exécuter cette sentence, il est demandé aux citoyens d’y contribuer. Ces derniers au nom d’une justice requise par un homme (Imam ou juge) tuent de sang froid. Alors que l’Islam comme les autres religions condamnent les meurtres et les meurtriers.

Il est difficile de donner un aperçu exact sur le nombre de femmes ou d’hommes lapidés dans certains pays musulmans. En Iran, plus de 50 femmes ont été lapidées entre 1980 et 2000. Mais ce nombre est impossible à déterminer avec précision, ces pays refusent de communiquer les chiffres sur le sujet. Or, selon "Women against execution in Iran" plus de 2000 femmes auraient été exécutées entre juin 1981 et octobre 1990. En 2008, une adolescente de 13 ans, violée par trois hommes, a été lapidée dans un stade au Somalie (source Unicef). Dans la charia islamique, aucune punition ne pourra être infligée à une femme violée. Celle-ci doit être dédommagée et son violeur châtié.

Les pays qui pratiquent encore la lapidation sont L’Iran, l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan, le Nigeria, le Pakistan, le Yémen et l’Indonésie. Certains sont signataires des conventions des Droits de l’Homme.

Face à ces crimes barbares ( la femme est enterrée jusqu'a la poitrine et tuée à coup de pierres), la mobilisation citoyenne et internationale doit se décuple. Car, jusqu'à quand peut-on tolérer que des femmes et des hommes soient assassinés ainsi ?

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